Un herbier de Rousseau vient enrichir nos collections

À la suite d’une vente aux enchères remportée à Paris ce lundi 17 juin, nous accueillerons un herbier de Jean-Jacques Rousseau considéré jusqu’alors comme disparu. 

Photographie de l'herbier de Rousseau de 1771-1773, mis en scène dans sa boite de transport et de conservation en bois sur fond blanc

Parmi les herbiers confectionnés par Jean-Jacques Rousseau, il n’en restait qu’un qui n’était pas en mains publiques. Constitué dans les années 1771–1773 et offert par Rousseau au libraire Charles-Joseph Panckoucke, cet herbier – considéré depuis 1976 comme disparu – est réapparu dans le cadre de la vente de la Collection Broca au côté de manuscrits de Darwin, Proust ou Zola.

C’est la Fondation auxiliaire du Conservatoire botanique de Genève – fondée en 1928 et dont le but est de maintenir par des acquisitions les herbiers et la bibliothèque de l’institution genevoise – qui s’est portée acquéreuse et a remporté la vente ce lundi 17 juin. L’herbier de Rousseau va ainsi rejoindre nos collections qui ne détenaient pas, à ce jour, de spécimen de l’illustre philosophe passionné de botanique.

« Alors que nous fêtons cette année le 200ème anniversaire du Conservatoire, il est apparu comme une évidence – en raison du lien de Jean-Jacques Rousseau avec Genève mais également au regard des collections mondialement connues des CJBG – que cette pièce patrimoniale avait toute sa place dans cette institution » relève Sami Kanaan, Conseiller administratif de la Ville de Genève en charge de la culture.

Une course contre la montre

Une véritable course contre la montre s’est enclenchée dès l’annonce de sa mise aux enchères, avec un consensus fort dans la communauté botanique francophone pour que cette pièce muséale revienne à une institution publique.

« Nous avons littéralement monté le dossier en une semaine, trouvé les financements et mis en place les différentes procurations afin de permettre à l’un de nos conservateurs de participer à la vente au nom de la Fondation auxiliaire » souligne Nicola Schoenenberger, Directeur des CJBG.

« Nous n’étions pas du tout sûrs de remporter cette vente car cet herbier patrimonial unique était bien évidemment très convoité et nous aimerions remercier toutes celles et ceux qui ont rendu possible cette acquisition extraordinaire ! »

Accès au public

Pièce patrimoniale, cet herbier sera conservé dans nos collections. Différentes visites, ainsi que sa numérisation, permettront au public de le découvrir.

« C’est à la fois un honneur et une responsabilité d’accueillir cet herbier : son acquisition, grâce à notre Fondation auxiliaire et au soutien d’un mécène privé, va nous permettre de valoriser et faire connaître cet objet qui a un lien fort à la fois avec Genève et notre institution » souligne Nicola Schoenenberger.

Arrivée à Genève

Pour le moment, l’herbier se trouve encore à Paris et n’arrivera probablement pas à Genève avant la fin de l’été – différentes étapes administratives devant encore être franchies.

« Lors de son arrivée, nous ne manquerons pas d’organiser différentes activités afin de le faire découvrir à la population genevoise » explique Nicola Schoenenberger.

À propos de l’herbier

Le philosophe Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) se consacre intensément à la botanique durant les dernières années de sa vie. Il herborise en solitaire ou avec des amis et des savants, entretient des correspondances et rédige des écrits sur cette science, qui influenceront les générations futures de botanistes et d’amateurs de plantes. Ainsi, dès les années 1760, Rousseau crée des herbiers pour son usage personnel ou pour les offrir, afin de sensibiliser ses proches à la botanique.

« Cet herbier, qui est extrêmement bien conservé, nous replonge à la fin du XVIIIème siècle et nous emmène en balade avec Jean-Jacques Rousseau dans la région parisienne. Il est extrêmement émouvant de pouvoir redécouvrir ce travail quelque 250 ans plus tard : la beauté de l’écriture, la dénomination des plantes en latin, et de se sentir finalement très proche de ce grand passionné de botanique et de la nature. » explique Martin Callmander, Conservateur et responsable de la Bibliothèque, des Archives et des Éditions.

Première page de l’herbier

Lycopus europaeus L.

Fumaria officinalis L.

Ammi majus L. 

Poa annua L.

Tanacetum vulgare L.

Triticum hybernum L. 

Rousseau herborisant

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